Le Maroc au coeur de la lutte contre le terrorisme

Constat : l’Union européenne et le Maroc sont tous les deux en première ligne dans la lutte contre le terrorisme et la sécurité de la région.

Malgré une vision que l’on peut à voir en Europe, c’est bien dans le monde arabe que le terrorisme frappe le plus. C’est quelque chose que nous ne devons cesser de rappeler pour modeler au mieux nos politiques communes. De 2013 à 2016, l’Europe a été la cible de 24 attentats et 64 projets d’attentats. L’année la plus meurtrière pour l’Europe fut l’année 2016 avec 182 morts.

Dans ce contexte, le Maroc est un partenaire essentielle. Nous en sommes désormais tous conscients, la sécurité de nos voisins est l’extension de notre sécurité. Dans la lutte implacable contre le terrorisme, c’est bien la coopération et non les murs et le repli sur soi qui sont efficaces.

A ce titre, l’action marocaine est unanimement saluée. Les chiffres sont édifiants : depuis 2001, le Maroc a procédé au démantèlement de 168 cellules terroristes et arrêté environ 2.933 personnes sur le point de commettre des actions terroristes et avorter de 341 projets terroristes.

Il faut surtout rappeler le contexte tout particulier où se trouve le Maroc : présence du Sahel et sa multitude de groupuscules terroriste (AQMI, Ansar-Eddine, Mokhtar Belmokthar, Boko Haram…) qui sont des énormes catalyseurs de déstabilisation. À cela s’ajoute la pression migratoire auquel le Maroc fait face avec brio depuis 2015 grâce à des politiques de régularisation menées par votre administration. C’est une donnée qu’il faut absolument prendre en compte car d’un flux de passage, la migration est devenue au cours des dernières années une constante au Maroc où de plus en plus de migrants sub-sahariens s’installent. Ce phénomène doit par conséquent être pris en compte dans la conception de nos politiques communes.

Notre coopération n’est par conséquent pas une option ; c’est une obligation. La stratégie globale de Federica Mogherini qui a été adoptée par l’ensemble des Ministres des affaires étrangères européens le 1er juillet 2015 souligne ainsi avec justesse la nécessité 1/ de renforcer la résilience de nos partenaires 2/ de renforcer notre coopération en matière de renseignement avec notre voisinage.

Désormais, il faut mettre de la réelle consistance dans ces priorités politiques.

  • D’abord en renforçant notre coopération en termes de renseignement et de coopération policière. Le 7 septembre 2016, l’ancien Ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, était venu à Bruxelles pour participer à une conférence sur l’expérience marocaine en matière de sécurité. Il avait alors profité de sa présence à Bruxelles pour annoncer un accord de coopération entre le Maroc et Europol. C’est la bonne voie à suivre.
  • Ensuite, en soutenant le travail de l’ONU dans la recherche d’une solution politique, négociée et durable pour sortir de l’impasse dans le Sahara. Il y a le risque d’une extension dans la région sahélo-saharienne de ce que le Ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, avait appelé un Sahélistan, une zone de non-droit très risquée pour le Maroc. Dans la lutte que nous menons contre le terrorisme, la gestion des frontières, le contrôle de l’immigration, le contrôle des flux d’armes illégales sont les piliers d’une action de long terme, d’une action réellement efficace contre la déstabilisation.

L’approche marocaine ne se base pas seulement sur le tout sécuritaire. La quadrature du cercle passe par la diplomatie religieuse efficace du Royaume.

La grande force du Maroc c’est sa position de leader religieux au Maghreb. On le sait, assurer la sécurité c’est travailler à la source, couper l’herbe sous le pied des terroristes en puissance. Et pour cela, le Maroc dispose d’une tradition religieuse efficace et reconnue qui promeut un Islam tolérant, l’Islam du juste milieu, qui est celui qui permet la coexistence des religions, et surtout des minorités religieuses. Un Islam qui  prône l’existence des zones grises qui permettent à nos sociétés de vivre-ensemble. Ce n’est pas un hasard si c’est au Maroc, à Marrakech, qu’a été signée le 30 janvier 2016 la déclaration de Marrakech pour la protection des minorités religieuses. Une déclaration inédite par le message de tolérance et de vivre-ensemble qu’elle a véhiculée.

Cet Islam marocain du juste milieu se base sur le rite malékite, le dogme ash’arite et le soufisme. En somme, l’antithèse de Daech. Le Maroc avec son rôle de leader régional de cet Islam doit donc avoir tout notre soutien.

On a vu la diplomatie hyperactive du roi Mohamed VI sur ce sujet. Dans le rapport de force contre le terreau idéologique de l’extrémisme, l’Europe a clairement un allié avec le Royaume du Maroc.

Prendre le problème à la racine passe par une coopération euro-arabe, où le Maroc serait leader, dans la lutte contre la radicalisation sur internet

C’est le dernier point après la coopération policière, le rapport de force religieux, il reste un élément essentiel : le rôle d’internet dans les nouvelles formes du terrorisme mondial.

C’est un fait, internet occupe une place centrale dans le terrorisme nouvelle génération. La prise de contacts entre terroristes, la mise à disposition de forum de discussion où beaucoup se radicalisent, le partage de kit “clé en main” pour réaliser des attentats, tout cela est possible sur internet qui est un véritable catalyseur de l’extrémisme. Les derniers attentats n’ont fait que nous confirmer cette réalité.

Pour s’engager sur ce chemin, la Fondation EuroMedA promeut deux recommandations :

1- la création d’une structure mondiale et permanente de lutte contre le cyberterrorisme et la radicalisation online, avec pour objectifs:

  • Légiférer : travailler à l’instauration d’un traité international et contraignant visant à interdire le cyber-terrorisme et à mettre en œuvre des sanctions contre les pays hébergeant de tels sites internet.
  • Éducation : revoir les manuels scolaires afin de corriger l’image d’autrui qui peut trop souvent avoir une connotation négative, mais aussi lutter contre la haine de l’autre et pour promouvoir le vivre-ensemble.
  • Religieux : afin de remettre en cause les thèses fondatrices de la violence extrême, il est nécessaire de contextualiser les textes sacrés, dans la droite ligne des déclarations de Marrakech et d’Amman.

2- la création d’une structure opérationnelle. Celle-ci aura vocation à travailler à temps plein sur les questions de terrorisme, de cyber-terrorisme et de radicalisme, capable de proposer un discours alternatif aux  discours véhiculant la haine et la violence présente sur les réseaux sociaux et internet.

***

 

Il est évident que la coopération euro-marocaine est essentielle pour faire face aux nouveaux défis sécuritaires auxquels notre monde toujours plus instable fait face. La coopération sécuritaire est excellente et peut encore être renforcée; la diplomatie religieuse marocaine est une chance que l’Europe doit saisir; la lutte contre le cyberterrorisme doit constituer le grand axe structurant pour notre lutte commune contre le terrorisme mondialisé.

 

 

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