La Méditerranée peut-elle constituer la première pierre d’une grande zone d’influence Europe-Méditerranée-Afrique ?

La Méditerranée peut-elle constituer la première pierre d’une grande zone d’influence Europe-Méditerranée-Afrique ?

C’est la question à laquelle nous avons tenté d’apporter une réponse, le 4 septembre au Parlement européen, avec le think tank marocain, OCP Policy Center, et la Fondation EuroMedA que je préside.

La fondation EuroMedA et l’OCP Policy Center partagent la conviction que l’avenir de l’Europe et celui de l’Afrique sont intrinsèquement liés. Ce constat est largement partagé au Parlement européen.

Lors de la dernière semaine des ambassadeurs français, le Président de la République française a rappelé que la France et l’Europe devaient nouer une relation stratégique avec l’Afrique.

Cette coopération est en effet nécessaire pour répondre à nos défis communs.

C’est d’abord la lutte contre les changements climatiques. On le sait, l’Afrique est le continent qui subit le plus les conséquences du changement climatique alors qu’il y a le moins contribué. Cette réalité est à l’origine d’un ressentiment du Sud envers le Nord qui est indéniable. Pourtant, l’Afrique dispose d’un véritable Or Vert sur son continent : les énergies renouvelables. Il représente sa croissance de demain, pour peu que l’Europe l’aide à les développer. Le développement de la plus grande centrale thermosolaire du monde à Ouarzazate au Maroc en est un signe indéniable.

C’est ensuite la migration. La migration est un phénomène durable. Encore plus avec un continent africain dont la population va doubler d’ici 2050, passant de 1,3 à 2,5 milliards d’habitants. D’ici la fin du siècle, le continent africain représentera ainsi 43% de la population mondiale. Une telle réalité ne peut être ignorée par l’Europe, car en Europe, elle est devenue le prétexte des nationalistes et des populistes pour promouvoir leur mouvement. Ils prolifèrent en effet sur un triptyque anti-Europe, anti-immigrés, anti-musulmans.

C’est aussi la lutte contre le terrorisme. La stabilité et la sécurité du sud de la Méditerranée, c’est la stabilité et la sécurité du nord de la Méditerranée.

C’est la culture et la jeunesse.

  • Nous touchons ici à un point fondamental. Face à la méconnaissance, voire à l’ignorance de la culture d’autrui en Europe, source de bien des incompréhensions, nous avons souligné l’importance du travail culturel, notamment pour lutter contre la montée des populismes et des nationalismes ici, en Europe. Il y a une responsabilité de l’Union européenne de s’engager sur ce chemin.
  • En ce qui concerne la jeunesse, il faut réaliser que l’Europe doit aider l’Afrique à donner une perspective à sa population qui est très majoritairement jeune. Si nous ne faisons pas le maximum au niveau politique et financier, nous ne pourrons pas apporter de réponse durable à ces flux migratoires qui sont une source de préoccupations tant au Nord qu’au Sud de la Méditerranée.

C’est enfin la définition d’un nouveau paradigme de relation entre l’Europe et l’Afrique. Nous devons mettre en place une coproduction entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique, sur le modèle des pays d’Asie du Sud ou bien de l’Allemagne et l’Europe de l’Est. C’est de cette façon, par l’intégration économique, qu’une zone commune entre ces trois régions se structurera et se renforcera. Cette intégration économique pourra ensuite répondre aux défis tels que celui du développement des énergies renouvelables, de l’économie circulaire ou d’une nouvelle relation commerciale entre le Nord et le Sud de la Méditerranée.

La réponse à ces défis trouve ses premiers jalons au niveau Méditerranéen. La Méditerranée constitue bien la cellule souche d’une relation entre l’Europe et l’Afrique renouvelée. Elle est la porte d’entrée qui permettra aux deux continents de mieux se comprendre et de mieux travailler ensemble.

Le Maroc peut et doit être un partenaire central dans ce dispositif. Avec sa politique économique et sa diplomatie tournée vers l’Afrique, ce pays peut être le catalyseur des relations UE-Afrique et le hub de notre prospérité partagée.

la nécessité de consolider une chaine de valeur commune entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique, sur le modèle des pays d’Asie du Sud-Est ou celui de l’Allemagne avec l’Europe de l’Est. Voilà donc quelques étapes et plusieurs pistes pour la construction d’un espace Europe-Méditerranée-Afrique cohérent, stable et prospère. Toutes ces propositions recoupent les ambitions de la Fondation EuroMedA.

L’Europe de demain ne connaitra une croissance durable uniquement si elle se fait en complémentarité avec l’Afrique. Voilà la conviction qui anime notre Fondation et qui guide mon travail politique.

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