Global Forum on Migration and Development – Dernière ligne droite avant le pacte onusien sur la Migration

Allocution inaugurale de Gilles Pargneaux, Président Fondateur de la Fondation EuroMedA

La Fondation EuroMedA participait ce jeudi 6 décembre au Forum Mondial sur la Migration et le Développement organisé à Marrakech entre le 5 et le 7 décembre. Ce forum s’inscrit dans le processus onusien du Global Compact for Migration.

Le Forum Mondial sur la Migration et le Développement se tient actuellement à Marrakech. Ce forum est organisé dans le cadre onusien du Global Compact for Migration qui sera approuvé la semaine prochaine dans la ville marocaine. Cet événement international réunit des gouvernements de l’ensemble de la planète, ainsi que des représentants de l’ONU, de la Commission européenne, de l’Organisation Internationale de la Migration, et bien d’autres organisations internationales.

La Fondation EuroMedA y organisait un side-event intitulé « A European-African approach to migration: how to deliver lasting solutions ». En présence d’intervenants américain – Yossef Ben-Meir, Président de la Fondation High Atlas, africain – Thierno Camara, Président du FORIM, et européen, ce side-event s’est efforcé de dresser des pistes d’actions concrètes, et communes, entre l’Afrique et l’Europe, pour permettre une véritable gestion de la migration.

Yossef Ben-Meir, Président de la High Atlas Foundation

Les réflexions de ce débat ont débuté par un constat simple : la migration est un phénomène durable et elle doit être gérée comme tel. Les chiffres sont clairs : l’ONU estime à 258 millions le nombre de migrants dans le monde aujourd’hui, un chiffre qui va augmenter inexorablement à l’avenir ; la population africaine va passer de 1,3 à 2,5 milliards d’habitants d’ici à 2050 ; 50% de cette population aura moins de 25 ans et aura envie, comme chacun, d’une vie et d’un travail décent.

Une fois ces chiffres énoncés clairement, les conséquences à en tirer viennent aisément : seule une approche entre l’Europe et l’Afrique concertée pourra apporter une véritable solution à cette situation. En effet, la plupart des pays d’Afrique et d’Afrique du Nord sont aujourd’hui à la fois des pays de départ, de transit et d’accueil des migrants. Il n’y a donc pas à avoir une vision en termes de Nord développé contre le Sud en développement. C’est le Nord et le Sud ensemble qui apporteront des solutions durables.

Par conséquent, un texte tel que le Global Compact, qui trace les lignes, non contraignantes il faut le rappeler, d’une migration sure et ordonnée, est une absolue nécessité. Pour l’Europe cela se traduit par une nécessaire coopération toujours plus étroite avec l’Afrique.

Dr Mohamed Cheikh Biadillah, vice-président fondateur de la Fondation EuroMedA

Plusieurs recommandations ont été formulées lors de ce débat :

1) Faire évoluer notre conception de la migration. Des pays autrefois de départ sont désormais des pays de transit. La politique européenne doit en prendre acte et les aider à faire face à leur propre situation migratoire.

2) La Politique Européenne de Voisinage doit évoluer. Au moment où nous négocions le prochain Cadre Financier Pluriannuel de l’UE, nous devons plaider pour un rééquilibrage à la faveur de notre voisinage Sud, qui est pour l’instant sous-doté financièrement, alors même que les grands problèmes géopolitiques de l’Europe du XXIème siècle se trouvent au Sud de la Méditerranée.

3) Accompagner le développement du secteur privé et du climat des affaires au Sud de la Méditerranée et en Afrique, seul moyen d’aider le développement de sociétés inclusives et stables, à même de gérer la migration.

4) Prendre à bras le corps le changement climatique qui fait des ravages environnementaux en Afrique et y est un catalyseur puissant de la migration et des conflits. L’action européenne en la matière doit être beaucoup plus puissante.

5) Créer une grande politique culturelle entre l’UE et l’Afrique, avec notamment des capitales euro-africaines de la culture ou un Erasmus euro-africain, pour redonner sens à ce partenariat. L’absence de sens et de connaissance alimente aujourd’hui les pires rhétoriques extrémistes en Europe.

6) Mettre en œuvre la décentralisation au Sud de la Méditerranée afin de donner plus de place aux communautés locales dans le développement durable. C’est de cette façon que nous permettrons une vie décente aux personnes vivant au Sud de la Méditerranée et favoriseront le développement économique et social.

7) Souligner le fait que la migration est aussi un coût pour les pays africains qui perdent nombre de leurs cerveaux. Il convient donc de mettre en place des mesures de participation de la diaspora à des projets de développement dans leur pays d’origine.

Voilà les conclusions des débats de ce jour à Marrakech. L’importante affluence à cet événement souligne la pertinence d’une telle approche euro-africaine, celle que défend la Fondation EuroMedA, et les attentes fortes de nos concitoyens en la matière.

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